• Sophia Daraîche

Mon fils de 4 ans m'a menacé de mort


Je suis technicienne en éducation spécialisée. J'ai travaillé pour un organisme qui aidait les familles vivant avec des enfants ayant des diagnostics précis (trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), trouble oppositionnel avec ou sans provocation, Gilles de la tourette...). J'ai travaillé pour un autre organisme, cette fois dans les droits d'accès. J'ai travaillé comme éducatrice spécialisée en centre jeunesse. J'en ai réglé des situations. J'en ai aidé, des parents. Et j'ai eu cette pensée magique, enceinte de mon premier ''je suis éducatrice, je n'aurai pas de mal à gérer mon propre enfant... ça va être du gâteau''. Je m'étais rarement aussi royalement trompé.

Bébé, mon garçon était docile, facile à vivre. Il a fait ses nuits assez tôt, on ne l'entendait pas, sauf s'il avait faim, ou s'il avait besoin d'un changement de couche. Ce petit ange blond aux yeux bleus volait tous les cœurs. Il a connu qu'un seul épisode de coliques, qui a duré à peine deux heures. Un bébé parfait.


Mon petit démon blond, âgé de 7 mois.

Puis, le ''terrible two'' est arrivé. J'en ai pleuré, épuisée de devoir répété non aux trente secondes. Où est passé mon petit bébé si gentil ? J'avais un petit démon blond sous les yeux. J'ai appliqué tous les conseils que j'avais donnés aux parents, et je m'excusais secrètement de m'être dit «voyons, ce n'est pas si compliqué que ça». Comme le disait si bien mon professeur en gestion de crise, j'avais maintenant, moi aussi, le nez collé dans le sapin. Je n'avais plus le recul dont j'ai bénéficié avec les parents.

Lentement, les combats se sont amplifiés, et le «fu**ing four» est arrivé. Un jour, dans l'auto, il m'a regardé par le rétroviseur, et m'a dit tout bonnement «maman, j'ai comme une poule dans ma tête, et elle saute partout, partout, tout le temps». C'était quelques jours après son 4e anniversaire. À cet instant précis, j'ai su que mon fils avait possiblement un trouble de l'attention. Mais, comme personne ne voyait le petit démon blond, personne ne nous a pris au sérieux.

Un soir, après que je lui ai refusé un élément banal, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit «va-t-en, je vais te tuer !». J'ai éclaté, j'ai crié, j'ai pleuré. J'ai sorti tous les meubles de sa chambre, son matelas, ses jouets. Je l'ai mis dans sa chambre, j'ai fermé et barré sa porte. Il hurlait, pleurait, tapait. Je suis sortie dehors.

Le lendemain matin, j'ai appelé le CLSC. J'avais déjà fait une demande d'aide, appuyée par mon médecin de famille, pour obtenir l'aide d'une travailleuse sociale, ou d'une psychoéducatrice, nous étions sur la liste d'attente depuis près de six mois. Quand l'intervenante m'a répondu, je lui ai dit «Hier, mon fils de 4 ans ma menacé de me tuer. Là, faites quelque chose. J'en peux plus.» Nous avons été pris en charge immédiatement, et le surlendemain, une travailleuse sociale était chez nous.

Avec son aide, nous avons été priorisés pour avoir accès à un pédiatre. Encore une fois, je me suis sentie incomprise. Cette pédiatre ne me croyait pas. Elle était plus intriguée sur le fait que mon fils était un mini format, que par les comportements qu'il avait. J'avais beau lui nommer les comportements, les signes évidents, elle me répétait sans cesse que c'est ça, un enfant. Elle a fini par me donner une prescription de ritalin en me disant ''tiens, si ça fait effet, c'est qu'il est TDAH, mais ça m'étonnerait pas mal''. Heureusement que je me suis battue pour obtenir ces suivis, car j'avais raison. Moins de 24 heures plus tard, on voyait déjà une formidable amélioration. Mon fils est réellement TDAH, l'impulsivité en prime. Il est également Trouble d'opposition avec provocation.

Aujourd'hui, mon petit démon blond a 7 ans. Il est toujours médicamenté (on a changé de molécules depuis). Nous avons changé de pédiatre. Celle que nous avons actuellement est un amour, nous nous sentons écoutés, et surtout, considérés. Il excelle à l'école, il débutera en septembre sa deuxième année. Il développe des outils de gestion de soi, on développe aussi des techniques pour aider la dynamique familiale. J'ai de la chance de l'avoir ce petit démon, car il m'aide à devenir une meilleure maman, jour après jour. Quand il n'est pas en crise, c'est un petit garçon serviable, attentionné et proactif. Quand c'est plus difficile, je garde en tête ces petits moments de bonheur-là.


Mon petit démon à 7 ans, en voyage à La Martre (Gaspésie)

Je ne le dirai jamais assez, demandez de l'aide. Que ce soit à votre famille, vos amis, ou à des professionnels. N'ayez pas peur de lever le drapeau rouge. Je me suis longtemps sentie comme une mauvaise mère, de ne pas être capable de gérer mon fils, puis de devoir le médicamenter. Oh que j'ai pu sentir le jugement dans le regard de certaines personnes. Mais je sais aujourd'hui que, pour lui, pour moi, pour notre famille, c'était la chose à faire. Parce que j'ai tout essayé avant de me rendre à la médication : l'attention positive, négative, les tableaux de récompenses, les bonbons, la négociation, l'ignorance intentionnelle, etc. Avec mon fils, la vie passe par vague. On vit des accalmies, et ces moments sont de plus en plus longs. Les crises s'espacent, s'adoucissent. On est parvenu à instaurer un cadre plus strict, et nous voyons bien les bienfaits que ça a sur lui.

Et vous, avez-vous été pris au sérieux par vos proches, par les professionnels durant le processus de diagnostic de votre enfant ? Comment avez-vous trouvé cela ? Je suis convaincue de ne pas être la seule à avoir une petite terreur à la maison !

Salut! Merci pour l'intérêt que tu portes au Blog!

Si tu veux en savoir plus sur notre famille nombreuse, je t'invite à découvrir chaque membre de notre famille en cliquant ici!

  • Facebook
  • Instagram

Abonne-toi pour recevoir les articles de Famille Extra Large à chaque semaine avant tout le monde!

À propos du blog.

Stéfanie Prince, maman d’une famille nombreuse, créatrice du blog Famille Extra-Large. Je rêve d’une communauté tissée serrée, de familles, de mamans, de papas qui osent prendre la parole pour partager leur vécu ou leur opinion. Je me suis entourée d’une belle équipe de collaboratrices, et j’adore les découvrir un peu plus chaque semaine avec leurs écrits!

Collaboration et partenariat.

Communiquez avec moi par ici pour avoir plus de détail ou via l’onglet :

© 2020 Par Stéfanie Prince, Famille Extra-Large