• Stéfanie Prince

Naissance détaillée de notre 7e enfant

«Rendu au septième, tu dois les accoucher dans la toilette? Hahaha!» Si vous saviez le nombre de fois que j'ai entendu ça! Parce qu'on sait bien, plus on a d'enfants plus ça passe facilement non? Non? Non. Les mamans des familles nombreuses vous le diront, c'est plutôt le contraire qui arrive. Le corps se fatigue plus vite, non seulement on prend de l'âge, mais en plus notre corps est épuisé par la grossesse, et par les naissances passées. Alors laissez-moi vous raconter la naissance mon petit dernier: Théodore. Pour se faire, je dois quand même vous parler de la grossesse qui a été vraiment mouvementée. À commencer par les embolies que j'ai fait en décembre. Les médecins continus à être hésitant sur mon cas. Était-ce vraiment des embolies? Mais bref, j'avais trois taches sur les poumons et ne voulant pas risquer ma vie, on m'a prescrit des anticoagulants jusqu'à un mois après la naissance. (C'est quand même louche qu'un virus mondial ait fait son apparition avec les mêmes symptômes peu de temps après, mais bon.)



Un des nombreux examens que j'ai dû passer.

Ensuite, une semaine avant ma fête en février j'ai eu un accident de voiture. Poignet fracturé, les médecins disent même éclaté. Je me suis tenue très fort à l'impact ce qui a fait en sorte que j'ai peut-être sauvé mon bébé cette journée-là. Rappelez-vous aussi les anticoagulants...l'accident aurait pu rapidement mal viré. Bref, j'ai été en convalescence pendant le début du confinement, en douleur et somnolente à cause de la morphine.


Opération au poignet, 5h, 5 mois de grossesse.

Quelques semaines avant l'accouchement, j'ai commencé à faire de la haute pression. Quand ça arrivait, je devais aller à l'hôpital pour un moniteur...qu'on me faisait en plein milieu d'un couloir, la bedaine à l'air devant tout le monde. On ne pouvait pas infecter une chambre inutilement hein, covid oblige...! La majorité du temps on me retournait chez moi. La pression diminuait. Jusqu'au jour où on m'a gardé dans une chambre. Ma pression est haute, j'ai des protéines dans les urines et mes plaquettes sont basses. Scénario que j'ai vécu à mon premier et à ma deuxième: je commence une pré-éclampsie.


Moniteur dans le couloir!

Nous sommes le dimanche, 10 mai. Journée de la fête des mères au Québec. Et je la passe loin de mes six enfants. La journée même je décide de faire venir ma mère à la maison. Mon chum a des cours qui recommencent le lendemain, et je sens que l'accouchement est imminent. Donc mon amie de Montréal est venue la porter à la maison. Moi, le lendemain je serai transféré à l'hôpital qui s'occupe de mon dossier, puisque je suis aller à l'hôpital le plus proche.


Début de pré-éclampsie. Je serai transféré demain.

Mes enfants qui m'ont envoyé des coeurs...

Pendant que ma mère est à la maison, ma situation s'améliore. Alors que la pré-éclampsie n'est pas supposer disparaître avant l'accouchement... mes symptômes semblent me quitter un à un. Étrange. Donc pour le moment on me garde sous observation. Pendant ce temps je me rend compte que je ne serai pas présente à la fête de mon fils qui aura 10 ans. Je pleure devant le médecin qui comprend mon chagrin mais qui ne peut rien faire de plus. On doit vraiment surveiller de près puisque ça peut dégringoler rapidement.


Je vais manquer la fête de mon plus vieux qui aura 10 ans...

Avant de continuer, je dois vous parler de mon plan de naissance. Cette naissance doit être un AVA2C (accouchement vaginal après 2 césariennes). J'ai fait mes recherches avant de prendre cette décision, en fait, elles ont duré des années ces recherches. Ma décision a donc été prise en connaissance de cause: pour moi, il est aussi risqué d'avoir une césarienne répétée une 3e fois qu'un accouchement vaginal. Donc je me suis lancé dans ce projet dès le début de ma grossesse. Je vous invite à faire les lectures suivantes si jamais vous vous posez la question: Une autre césarienne ou un AVAC d'Hélène Vadeboncoeur, un livre rempli de sources intéressantes, le site internet cesarine.org, avec des données fiables qui viennent de la France, mais qui sont valides. Aussi le site de la SOGC (Société des obstétriciens gynécologues du Canada) qui est favorable aux AVAC. Prenez le temps de bien vous informer, ma décision ne représente pas nécessairement celle qui est faite pour vous.

Alors mardi arrive tranquillement. Le matin on me dit que tous les taux sont maintenant devenus normaux...! Que si ça continue comme ça on me donnera mon congé d'ici quelques jours, je ne suis quand même qu'à 35 semaines de grossesse! Puis dans l'avant-midi on me fait un moniteur pour suivre le coeur de bébé et les contractions. (Ha oui j'ai oublié de vous dire qu'avec tout ça je contractais aux 2 à 5 minutes un peu trop souvent, mais pour moi ça fait partit de ma routine de fin de grossesse.)


Le coeur de Théodore ne varie plus beaucoup...écho.

Il y a une anomalie dans le tracé du moniteur, Théo ne réagit pas. Son coeur bat normalement, mais ne varie pas vraiment aux mouvements. Ça sonne une cloche au médecin, mais j'allais déjà faire une échographie à midi et elle se montre rassurante, bébé va bien, son coeur bat bien. puis vers 16h00 je me rend compte que...coudonc ça fait dont ben longtemps que je ne l'ai pas sentit bouger?! J'essaie de le pousser dans mon ventre, normalement il est très réactif. Rien...

Donc j'appelle l'infirmière et lui parle de mon inquiétude les larmes aux yeux. Elle se dépêche donc d'aller chercher un moniteur pour s'assurer que tout va bien. Pendant qu'elle installe son attiraille je stress. Je regarde partout, et nul part à la fois. Faites que tout ne s'arrête pas maintenant, faites qu'on entende quelque chose... et puis on entend soudain son ptit coeur, le mien peut donc enfin repartir.

Mais l'anomalie de ce matin y est toujours, son coeur ne réagit pas au mouvement qu'il fait, même avec un ptit boost de sucre (jus de pomme). Même que maintenant son petit coeur va trop vite. Il est en moyenne à 170bpm, mais normalement un bébé atteint se chiffre en mouvement ou en travail avec des variations fréquentes, mais là il n'a aucune raison de battre aussi vite! Le médecin vient donc me voir et me parle de son inquiétude. Qu'on pense m'accoucher dès maintenant puisque ça l'inquiète assez pour ça.

S'en suit un dialogue sans fin sur mon avac, chose qui pour moi est non négociable. Mon fils n'est en danger imminent, son coeur bat juste un ptit peu trop vite. J'ose dire un ptit peu, parce que ma 6e battait à 218 et l'équipe médicale ne se pressait pas tant que ça. Donc, il accepte de faire un essaie de travail. Mon conjoint est en route et on l'attend pour commencer.

Aussitôt arrivé, aussitôt les eaux percés et le pitocin embarqué. Les contractions sont régulière aux 3-5 minutes, mais elles sont très très longues avec très peu de douleur. Certaines durent 5-6 minutes...sans farce une chance que je n'avais pas de douleur. Mon col est passé de 1 cm à 3. Ça avance tranquillement. Puis on vérifie 2h00 plus tard et toujours à 3. Puis 1h00 plus tard toujours à 3. Normalement, je ne m’inquiéterais pas, je sais comment j'accouche c'est toujours long. Mes contractions commencent à être un peu plus douloureuses donc je sais que ça vient. Mais le médecin vient...et me dit que le tracé du coeur l'inquiète encore plus. Qu'il varie encore moins. On avait discuté que si vraiment ça l'inquiétait trop il me lâcherais le call.


Les contractions infinies, le coeur de bébé ne varie pas...

J'ai eu l'impression de devoir choisir la vie ou la mort. J'ai choisi la vie. Mais sachant à quel point je voulais mon avac, je lui ai dit «oui, mais...». Le MAIS est très important ici. Ça a tellement changé tout l'aspect de la césarienne! Qui pour moi normalement est froid, sans côté humain. Oui mais... je veux le voir sortir de mon ventre. C'est CE MOMENT que je voulais revivre en accouchant vaginalement. Le voir sortir, avoir cette grosse dose d'amour en sachant que mon bébé vient de sortir de moi. Il a grandement hésité, parlant du champ stérile qui est important. Mais voyant ma propre hésitation sur la césarienne, il s'est empressé d'accepter.

Donc, couchée dans la salle froide d'opération, avec les lumières plus lumineuses que le soleil, avec un anesthésiste froid comme la grêle, avec ce médecin chaleureux plein de compréhension, et mon chum enveloppant comme une chaude couverture... j'ai pu voir mon bébé sortir de mon corps. Ce ptit bonhomme, tellement beau, tellement parfait. J'ai ressentis cette immense chaleur que j'ai déjà apprécié avant. Non seulement j'ai pu le voir sortir, mais pas d'un seul angle! La télé en haut était fermée et j'ai pu voir le reflet de l'opération, j'ai donc vu encore mieux sa venue au monde, sous deux angles différents. C'était parfait.

Ils se sont éloignés à quelques pas pour l'aider à respirer (il respirait mais manquait de power, à 35 semaines tsé!). Mon chum les a suivi, stressé au boute. Puis quand il a vu le ptit bien respiré, l'adrénaline a chuté, et lui aussi. Haha! Vous avez bien lu! Première fois en 7 naissances, il a perdu connaissance! Il ssont partit avec mon chum et pas longtemps après avec bébé, me laissant seul avec l'anesthésiste désagréable qui me parlait comme si j'étais une moins que rien. Aller savoir pourquoi, il était toujours bête, j'ai pensé vomir à un moment, puis il me donne un plat. Puis pensant que j'allais en mettre partout il me tend un aspirateur comme au dentiste...gros comme mon ptit doigt et veut que je vomisse...dedans? Je n'ai rien compris et voyant qu'il pognait les nerfs devant mon incompréhension...j'ai cessé de lui poser des questions. Je vomirai bien où je veux.

Rendu en salle de réveil, j'y rejoins mon chum qui vient de se réveiller. Mais il quitte peut de temps après pour rejoindre Théo. Pendant mes 2h30 d'attente interminable, j'apprend que mon fils n'a plus besoin de respirateur, qu'il ne reste que ses taux de sucres à stabiliser. Mais quelle joie! J'ai hâte de sortir d'ici. Allez l'orteil bouge. Bouge orteil, juste un peu. Allez. Non plus que ça, bouge, ok maintenant le pied. Bouge le pied. Non pas juste l'orteil, le pied. Allez un ptit effort. Le pied allez bouge! Ok maintenant la jambe. Vas-y la jambe lève-toi. AAArrrggg allez bouge. Bouge. Bouge. Bouge. OUI! c'est le signal je peux enfin être monté à l'étage!

Rendu à l'étage on me dit que je dois être capable de me lever pour aller à la chaise roulante pour aller voir mon fils en néonatalogie. Aller les jambes bougez. Aller on bouge encore, et ça prend encore 30-45 minutes avant que je sois capable de me lever pour enfin m'asseoir de peine de misère, avec soutien des infirmières, dans la chaise roulante. Covid oblige, une seule personne est admise au chevet de notre fils. Nous ne pouvons pas être les deux parents en même temps.

Premier contact avec papa...avec un masque (Covid)

On s'essaye pareil. On entre les deux, de toute façon mon chum me pousse jusqu'à son lit. Je prend mon fils pour la première fois, ce gros bébé de 10,1lbs pour 35 semaines et 5 jours. Il est magnifique. Il a beau être énorme, ses mains et ses pieds sont minuscules. On nous laisse vivre ce moment ensemble avec mon conjoint. Il se fait offrir un masque, cette foutu barrière contre les bébés. J'en comprend l'utilité, mais je remercie le ciel que j'ai pu d'abord embrasser mon fils avant d'en mettre un à mon tour. Mon conjoint s'est ensuite fait mettre à la porte.


Premier contact avec Théodore. Il fait jour...

J'ai fait une première mise au sein. Je me sens tellement proche de mon bébé, et l'allaitement n'est pas quelque chose d’innée pour moi. Je n'ai jamais allaité mes bébés plus de 36h. Mais là tout se passe comme un charme, il prend bien le sein. Je lui donne du colostrum régulièrement et alors qu'à ma dernière on m'avait dit que ma fille devait avoir de la formule si on voulait sortir plus vite, c'est tout l'inverse qui est arrivé. Le colostrum a stabilisé ses taux de sucre tellement vite qu'il a pu sortir le surlendemain (ma fille ça avait pris 8 jours avec la formule!) Bref suivez votre instinct...


Première mise au sein

Je pourrais encore vous en parler longtemps, j'ai échappé beaucoup de détails, mais en résumé, c'est l'histoire de naissance de mon 7e enfant. Dites-moi de votre côté, comment ça s'est passé pour vos derniers accouchements? Étaient-ils plus «facile» que les autres?

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À propos du blog.

Stéfanie Prince, maman d’une famille nombreuse, créatrice du blog Famille Extra-Large. Je rêve d’une communauté tissée serrée, de familles, de mamans, de papas qui osent prendre la parole pour partager leur vécu ou leur opinion. Je me suis entourée d’une belle équipe de collaboratrices, et j’adore les découvrir un peu plus chaque semaine avec leurs écrits!

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